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le Foyer Laura Vicuña le Foyer Laura Vicuña

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Soeurs Salésiennes
de Don Bosco

04 BP 1434 COTONOU - BENIN
tel (229) 21 38 61 34
ou (229) 21 38 21 39
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Section La Maison de l'Espérance
 

Dans le quartier de Hindé, aux environs de Dantokpa se situe la Maison de l’Espérance, où les filles vidomègons ont l’opportunité d’acquérir une formation avant de se présenter sur le marché de l’emploi.

Opérationnel de puis mars 2008, ce complexe accueille des dizaines de filles vidomègons récupérées dans la rue dans le but de leur apprendre un métier et permettre leur émancipation. Dans ce complexe s’effectuent des cours de cuisine, de pâtisserie, de fabrication du savon et de préparations du pain, mais le complexe offre aussi une large série de services et d’activités adéquats de survie.

Les cours professionnels

Dans l’enceinte de la Maison de l’Espérance se déroulent des cours professionnels ayant pour but de donner aux jeunes filles une opportunité d’un emploi futur. Ces cours concernent des métiers manuels, de faciles apprentissages dont la demande est forte sur le marché d’emploi. De surcroît les filles peuvent facilement trouver un travail qualifié une fois terminée la période d’apprentissage à la Maison de l’Espérance. Ces quatre spécialités sur lesquelles se porte la formation sont la pâtisserie, la cuisine, la fabrication du savon et la préparation du pain. Ces cours pratiques se déroulent toute la journée sous la supervision des enseignants et des experts en la matière, pour chaque spécialité les cours sont donnés et chacune d’elles peut accueillir 10 apprenties. Une formation de ce genre dans un centre de formation n’est pas toujours possible et de toutes manières cela nécessite beaucoup de temps et coûte une petite fortune aux familles. A la maison de l’Espérance par contre les vidomègons peuvent apprendre le métier gratuitement, avec un repas chaud offert à l’heure du déjeuner, travaillant seulement une demi-journée pour avoir ainsi le temps si nécessaire d’aller vendre les produits pour gagner quelques sous.

La remise de diplômes est une occasion de fête pour tous et à partir de ce moment, avec un bagage de connaissances professionnelles, les filles sont libérées : elles peuvent aller chercher un emploi rémunérateur dans les boutiques, les restaurants, les boulangeries et pâtisseries de la ville. Les cours de fabrication du savon durent 2 mois et tous les autres 6 mois, moment au cours duquel la plus grande partie des vidomègons vivent dans le complexe le jour comme la nuit.

Le dortoir

Dans le dortoir de la Maison de l’Espérance, on peut retrouver sur place jusqu’à 120 jeunes filles qui proviennent des environs du marché Dantokpa, qui jouissent aussi des services qui paraissent élémentaires à notre niveau mais qui constituent pour elles une nouveauté absolue dans leur quotidien : un repère, un lieu sûr, un gardien et des assistantes nocturnes, une infirmerie, les insecticides contre l’anophèle femelle (qui transmet le paludisme), les services hygiéniques, les douches et même une petite télévision que les enfants peuvent regarder dans le réfectoire jusqu’à 22 heures chaque soir avec des cassettes et des documentaires qui les sensibilisent sur les thèmes les plus importants sur leur vie.

Les conditions de vie des vidomègons du marché par contre sont très difficiles la nuit. Elles dorment à la belle étoile ; les plus chanceuses se trouvent un carton sur lequel elles s’allongent et une toile en nylon pour se couvrir pendant la saison pluvieuse. Rien cependant ne les protège des maladies et des épisodes de violence qui surviennent parfois pendant la nuit dans le marché Dantokpa.

L’alphabétisation et les cours de gestion

Le but visé par le projet dès la création de la Maison de l’Espérance est de donner aux jeunes filles une formation professionnelle, mais aussi scolaire. De ce fait elles participent aux cours d’alphabétisation en Français à divers niveaux et en fonction de l’âge et du niveau d’instruction.

Les cours ne se déroulent pas dans l’enceinte du complexe, mais ce sont les animateurs qui vont à la rencontre des enfants dans le marché où se réunissent les vidomègons. Ces lieux se présentent comme suit : les voies du marché, à l’intérieur de certains appâtâmes et à l’aide d’un petit tableau, ils enseignent aux enfants les règles élémentaires de la langue française. Ces cours durent seulement d’une (1) à 3 heures de temps pour donner la possibilité aux vidomègons de vaquer à leurs occupations le reste de la journée. De la même manière pour les adolescentes intéressées, les cours de gestion économique élémentaire, le calcul, et quelques règles élémentaires du marketing sont prévue pour elles, ce qui permettra aux vidomègons de revendre plus facilement leurs propres produits.

Les cours d’alphabétisation sont parmi les activités productives de la Maison de l’Espérance et le nombre de filles qui y participent croît de jour en jour.

Le sillonnage

Dans le marché de Dantokpa, il n’y a pas de place pour accrocher les affiches : toute la publicité sur les différentes initiatives se fait selon l’ancienne méthode de bouche à oreille. Pour informer les jeunes filles et les tutrices sur les activités de la Maison de l’Espérance, se déroule ce qu’en français nous appelons « sillonnage » : ce sont les mêmes animateurs qui, lorsqu’ils ne sont pas occupés par les cours, se promènent dans le marché à la recherche de vidomègons revendeuses disponibles pour passer quelques heures de la matinée en apprentissage de la langue française. Evidemment l’accord des filles seules n’est pas suffisant. Il faut l’autorisation des mamans ou tutrices qui en ont la responsabilité, c’est à ce niveau qu’il y a la plus grande difficulté car selon la culture du milieu l’instruction des filles est considérée comme une perte de temps et rarement les tutrices permettent à leur propre fille de suivre les cours aux heures ouvrables.

L’activité de sillonnage est par conséquent non seulement la publicité mais une vraie œuvre de conviction et de sensibilisation de la population, ce qui nécessite de longues tractations et l’instauration d’un rapport de confiance réciproque entre les animateurs et les tutrices. Le sillonnage a aussi un but utilitaire, la sécurité : se réalisent en effet des sessions nocturnes au cours desquelles les animateurs au lieu de continuer le travail de sensibilisation (le marché étant en fait animé 24 h sur 24 h), surveillent et cherchent à interpréter les épisodes de violence, de criminalité et des échanges liés à la traite des enfants. Chaque fois que quelque chose d’anormal se passe, ce fait est porté à la connaissance de la Brigade de Protection des mineurs, BPM, qui protège aussi les vidomègons du marché.

 

La sensibilisation

Parmi les différents projets commencés à la maison de l’Espérance, les jeunes filles ne sont pas les seules bénéficiaires. Ces cours sont aussi destinés à leurs mères et tutrices. Ce sont les cours de sensibilisation qu se tiennent un vendredi sur deux au siège habituel ou à « la baraque » à l’intérieur du marché.

Au cours de ces rencontres de 2 heures environ, des différents experts à chaque rencontre débattent avec les tutrices sur différents thèmes cherchant de donner aux tutrices les notions et éléments qui les aideront dans leur quotidien ainsi que leur relation avec les filles. Des thèmes se portent sur plusieurs champs, du médical au social, de la psychologie à l’économie ; ainsi le nombre de tutrices qui suivent les cours croît à chaque nouvelle rencontre.

Des experts auxquels la Maison de l’Espérance fait recours dans le cadre des sensibilisations sont toujours des béninois : les séances se déroulent en langue locale fon puisque la plupart des tutrices ne parlent ni ne comprennent le Français.

La Baraque

La Maison de l’Espérance a aussi un relais à l’intérieur du marché Dantokpa : un préfabriqué en tôles de dimensions modestes que l’on nomme « la baraque ». Avec ses dimensions modestes, la baraque constitue un point de rencontre pour les enfants et les adolescents du marché. A l‘intérieur de la baraque se déroulent les cours d’alphabétisation de niveau moyen pour les adolescentes, les séances de jeu et les animations qui représentent le seul moment de distraction d’une journée typique d’une fille vidomègon, des moments musicaux où les garçons et les filles peuvent s’exhiber au son de la flûte et surtout avec l’instrument symbole du Bénin, c’est-à-dire le tam-tam. La baraque cependant est aussi et surtout un point de rencontre et d’écoute où les adolescentes peuvent trouver en la personne des animateurs un personnage qui les écoute et les aide dans leurs problèmes, un rôle que personne d’autre ne jouera jamais dans leur confrontation aux difficultés quotidiennes. Ainsi la baraque reste ouverte comme un point de référence aussi durant les heures nocturnes.

 

L’assistance médicale

Dans la Maison de l’Espérance, il y a une infirmerie où l’infirmière soigne les enfants du centre en cas de blessures ou de maladies. Les animateurs par ailleurs sont formés pour donner les premiers soins en cas d’incident ou de malaise.

L’école alternative

Dans l’enceinte du complexe de la Maison de l’Espérance, il y a aussi un espace pour une école alternative, avec 2 classes qui accueillent environ 20 élèves. L’école alternative offre une méthodologie d’étude différente de celle des écoles publiques mais de la même reconnaissance. Elles donnent la possibilité d’accéder à l’éducation à toutes celles qui ne peuvent pas payer les 14.000 (quatorze mille) francs annuellement pour l’inscription ou qui ne veulent pas être occupées par les études toute la journée comme cela se passe dans les établissements publics.

Le cycle des études est différent : l’école publique dure 6 ans et les enfants vont à l ‘école le matin comme l’après-midi. A l’Ecole alternative par contre, le cycle est de 3 ans et les cours se déroulent en une demi- journée pour permettre aussi aux petits de continuer le travail avec la famille. La période réduite est compensée par le fait qu’au niveau de l’école publique, chaque classe peut recevoir jusqu’à 80 élèves ; à l’école alternative les classes sont plus réduites et l’assimilation des petits est plus simple et rapide. Les salles de classe de la Maison de l’Espérance accueillent en moyenne une dizaine d’élèves chacune, qui apprennent toutes les matières, des cours de base et des leçons de l’enseignant.

 

 

 


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